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Climats de Bourgogne

lundi 21 janvier 2013


Les climats de Bourgogne : Demande de classification au patrimoine mondial de l’UNESCO
Conférence donnée par Jean-Pierre GARCIA Professeur de géologie et archéologie à l’Université de Bourgogne au diner rotarien du 21 janvier 2013
Le propos de ce responsable du conseil scientifique du dossier de demande de classification UNESCO des climats de Bourgogne veut justifier la notion de « Climats »

Ces climats qui sont spécifiques à la Bourgogne sont nombreux (1247 sur les 9000 ha de vignes) chacun ayant sa typicité avec une hiérarchie de la Romanée Conti à des petits climats de village inconnus. Ils sont une marque de la diversité. Ce sont des parcelles de vignes délimitées, nommées et hiérarchisées. C’est une notion qui ne se retrouve dans l’histoire que depuis le XVI° siècle.
Ces climats au sens bourguignon ont un support ont une justification :
- d’ordre pédologique (par la nature du sol cultivé) mais pas géologique.
- du fait des cépages Le pinot noir n’est spécifié que tard. Mais le duc Philippe le Bon interdit la plantation du Gamay. L’Age des plans intervient.
- selon la manière de faire le vin qui varie chez chacun

On peut retrouver des parcellaires avec des bordures faites de murs, de « murgés » qui sont des cailloux d’épierrements entassés sur les limites de propriété et des chemins
On a beaucoup parlé de la parcellisation par les moines. En fait s’ils ont cultivé la vigne dans divers endroits (Clos Vougeot, Clos de Tart, Clos de Fixin) ; les limites étaient fiscales ou de propriété. Actuellement on ne retrouve pas de support géologique à ces limites.
Au moyen Age on ne retrouve aucune hiérarchisation des vignes Elle n’apparaîtra qu’au XVIII° siècle dans des mercuriales de vins produits à tel ou tel endroit.
Le terme de Clos ne représente qu’une parcelle close de murs. On y retrouve la notion de parcelle fiscale ou juridique en cas de litige. Les murs servent aussi de protection contre les maraudages et les dégâts des animaux.
Pour faire percevoir cette nuance entre Clos et climats, le Clos Vougeot comporte 14 lieux dits qui commencent à apparaître sur les étiquettes et peuvent devenir des climats. Cela se complique encore par la notion du nombre de propriétaire (80 ?)
L’histoire de la vigne en Bourgogne a été pimentée par la découverte de plantations romaines à Gevrey il y a quelques années. On a retrouvé (et notre conférencier y a fouillé) des fosses alignées correspondant à une vigne qui a pu être datée par des tessons et des monnaies. Curieusement cette vigne était en plaine L’idée étant de produire beaucoup, plus que de faire du vin typé comme aujourd’hui.
Au III° siècle Ausone bordelais parle de coteaux pour la culture du vignoble
Au VI° siècle Grégoire de Tours évoque la culture de la vigne en Bourgogne.
Mais le terme de climat n’apparaît qu’en 1584 où le chanoine de Saint Mauret de Langres parle de « Climat de Champs Bertin. » En 1550 sur un tableau dit Petite Tibériade de Dijon sont figurés des clos tout autour de la ville

A cette occasion Dijon est connue longtemps comme une ville viticole. Son vin est le plus cher de toute la région en 1560, alors que en 1770 Gevrey prend le dessus de la mercuriale même si les vignes restent abondantes à Dijon. Cet exposé historico biologique est le support de la notion de climats, originalité bourguignonne qui appartient à l’histoire et est le support d’une exceptionnelle biodiversité tant du paysage que des productions viticoles.
Le dossier demande le classement au patrimoine mondial pour l’ensemble des climats de Côte d’Or. Le dossier a été retenu par la France et est en attente de verdict pour 2014-2015.

Jean CUISENIER & Patrick GOUDOT




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